Peut-on conduire si on est atteint de dégénérescence maculaire liée à l’âge ( DMLA) ? – Dr A. Pinel

C’est une question relativement fréquente, posée à la fois par les patients, l’entourage et même le médecin traitant. En effet, la conduite est directement liée à l’autonomie de la personne et permet une vie sociale .
 
Dans le code de la route, les lois européennes et françaises sont précises et se basent sur 2 paramètres importants : la vision centrale (l’acuité visuelle) et également la vision périphérique (le champ visuel).
La loi de 2010 est précise pour le permis de conduire de voiture légère. Pour pouvoir conduire, Il faut avoir une acuité visuelle à 5/10 avec les deux yeux corrigés (acuité visuelle binoculaire corrigée) et il faut que le champ visuel périphérique soit de 120 degrés en horizontal, mais surtout que les 40 degrés centraux soient indemnes de toute atteinte.
 
Si la question de l’aptitude à la conduite se pose, votre ophtalmologiste doit donc mesurer votre acuité visuelle binoculaire en consultation et vous prescrire la réalisation d’un examen du champs visuel binoculaire auprès d’un/une orthoptiste.
 
Par ailleurs, pour les conducteurs de véhicules légers qui ne satisfont pas aux normes relatives au champ visuel ou à l’acuité visuelle, un avis spécialisé avec mesure de la sensibilité à l’éblouissement, de la sensibilité aux contrastes, de la vision crépusculaire peut être réalisé auprès de médecin experts agrées de la préfecture.
 
En pratique courante, il est possible pour un patient atteint de DMLA de forme modérée de prendre contact avec une auto-école spécialisée en handi-conduite ou en conduite pour séniors.
Ils apprennent ainsi des stratégies de compensation. Par exemple : éviter certains rond-points, certaines heures, éviter de conduire la nuit, conduire à deux. Ceci permet de continuer de conduire même avec une vision modérément altérée.
 
Les différents cadres et stratégies évoquées assurent donc la sécurité des patients tout en permettant au mieux de maintenir leur autonomie et une vie sociale.
 
Dr A. Pinel