Cornée Médicale et Chirurgicale

Les maladies de la cornée imposent un suivi médical et des traitements complexes.

Les Dr DOST et Dr MESPLIÉ assurent cette consultation spécialisée.

Après avoir établi un diagnostic précis, votre praticien vous délivrera une information détaillée de la maladie et ses traitements.

Le centre Hélios dispose de tous les outils nécessaires au diagnostic, au suivi et au traitement du kératocône, et des autres maladies de la cornée.

Si une opération est nécessaire, les chirurgiens du Centre Hélios et leurs assistants coordonnent et pratiquent les interventions dans leur espace chirurgical au sein de la Polyclinique Côte Basque Sud.

Qu’est-ce que la cornée ?

La cornée est le « hublot » transparent de l’oeil. Tissu exceptionnel du corps, puisqu’il est le seul parfaitement transparent.

C’est à travers la cornée que les rayons de lumière pénètrent l’oeil.

Elle est constituée essentiellement de plusieurs couches :

  • L’épithélium, le plus en surface qui a pour fonction d’empêcher la pénétration des microbes dans l’œil.
  • Le stroma situé juste en dessous, constitue 90% de l’épaisseur totale de la cornée. Il confère à celle-ci sa résistance.
  • L’endothélium est une couche de cellules disposées sur sa face interne. Leur rôle est de maintenir la cornée transparent grâce à un système de « pompe » absorbant l’eau.

Toutes les couches de la cornée peuvent être affectées par des maladies diverses.

Quelles sont les principales maladies de la cornée ?

Les maladies de la cornée altèrent la vision car elles modifient la forme et/ou la transparence de la cornée.

Les infections

Les abcès de cornée surviennent le plus souvent chez les patients porteurs de lentilles dont les mesures d’hygiène ne sont pas scrupuleusement suivies. Ces abcès peuvent également survenir sur des yeux secs ou faire suite à un traumatisme.

Le traitement repose sur des collyres antimicrobiens : antibiotiques, antifongiques, antiparasitaires.

La guérison se fait souvent au détriment d’une opacité qui peut altérer la vision.

La kératite herpétique causée par le virus de l’herpès est également une infection de la cornée.

Mal traitée, elle peut prendre une forme extrèmement sévère.

Pour toutes les infections cornéennes, la greffe de cornée est l’ultime recours en cas d’opacité gênant la vision.

Le kératocône

Le kératocône  est une déformation progressive associée à un amincissement de la cornée. Cette maladie survient à l’adolescence et génère initialement une myopie et un astigmatisme d’évolution rapide.

Les autres dystrophies de la cornée

La dystrophie de Cogan n’intéresse que l’épithélium cornéen qui s’ulcère spontanément. Cela se traduit par des douleurs importantes récidivantes la nuit ou au réveil. Le laser en assure la guérison dans 98% des cas.

La dystrophie endothéliale de Fuchs ou cornea guttata, se caractérise par la perte progressive des cellules endothéliales. Au-dessous d’un certain nombre de cellules, la cornée perd sa transparence.

Le ptérygion

Le ptérygion ou maladie des « surfeurs » est une tumeur bénigne de la conjonctive qui envahit la cornée parfois jusqu’à son centre.

Un traitement médical peut en atténuer les symptômes, mais le traitement curatif est chirurgical, par éxèrèse du ptérygion sous anesthésie locale.

Quels sont les traitements de la cornée pathologique ?

Durant les dernières décennies, les possibilités thérapeutiques des maladies de la cornée ont considérablement évolué.

Il existe 4 axes de prise en charge de ces maladies:

  • Les maladies de la cornée, selon leur intensité et leur degré d’évolution, sont traitées dans un premier temps médicalement, à l’aide de collyres (antibiotiques, lubrifiants…).
  • Les lentilles  souples ou rigides peuvent agir à visée antalgique ou normaliser la courbure d’une cornée déformée pour récupérer une meilleure vision.
  • La PTK au laser excimer ( photokeratectomie thérapeutique) peut améliorer la transparence de la cornée si une cicatrice de la cornée est superficielle,  et peut être utilisée pour des érosions récidivantes de la cornée ( kératalgies récidivantes).
  • La chirurgie peut s’avèrer nécessaire d’emblée ou après un traitement médical.

Les cas de retard de cicatrisation de la cornée peuvent justifier la réalisation d’une greffe de membrane amniotique (issue du placenta humain).

Les cas de perte de la transparence de la cornée, ou de déformation sévères relèvent d’une greffe de cornée partielle ou totale.

Quelles sont les deux maladies de la cornée nécessitant le plus souvent le recours à une greffe de cornée ?

Les deux principales indications en France et dans les pays développés sont le kératocône et la dystrophie de Fuchs ou cornea guttata. 

KÉRATOCÔNE

Qu’est-ce qu’un kératocône ?

Le kératocône est une déformation progressive de la cornée qui provoque lentement son amincissement jusqu’à prendre la forme d’un cône.

Cette déformation entraîne des troubles de la vision plus ou moins sévères (vue brouillée, déformée, images multiples, stries, hypersensibilité à la lumière et mauvaise vision de loin).

Cette maladie est considérée comme une maladie rare, elle affecte moins d’une personne sur deux mille. Elle touche généralement les deux yeux mais pas nécessairement avec la même intensité.

On ne connaît pas encore précisément les causes de la maladie, mais il s’agit probablement d’une maladie génétique, favorisée par le frottement répété des yeux.

La maladie survient généralement à l’adolescence et progresse rapidement jusqu’à l’âge de 25 ans.

Avec les nombreux progrès thérapeutique, il existe à l’heure actuelle un traitement quelque soit le stade de gravité de la maladie.

Quels sont les symptômes ?

  • Baisse de vision progressive
  • Altérations de la qualité de vision : halos, images déformées en queue de comète, images fantômes, vision double (diplopie monoculaire)….

Comment diagnostiquer un kératocône ?

  • Examen ophtalmologique standard à la lampe à fente pour les formes les plus graves.
  • Examens complémentaires modernes pour les formes mineures ou asymptomatiques : topographie cornéenne (mesure des courbures de la cornée ) pachymétrie (mesure de l’épaisseur de la cornée) et aberrométrie (mesure des aberrations optiques)

Quelle prise en charge pour un kératocône ?

Lorsque le kératocône est diagnostiqué, deux axes de prise en charge sont à déterminer :

Comment éviter l’aggravation de la maladie ?

Comment améliorer la vision ?

Comment éviter l’aggravation de la maladie ? Cross linking du collagène (CXL)

  • Procédure chirugicale qui permet par un mécanisme photochimique  de « durcir » la cornée pour éviter qu’elle ne se déforme davantage.
  • Stoppe la maladie dans 90% des cas.
  • Ne permet pas de réhabiliter la vision.

Le « Cross-Linking » est indiqué dès que le kératocône évolue ou risque de le faire.

La procédure consiste à déposer sur la cornée un produit photosensible (la Riboflavine) qui est activé par une séance UV durant quelques minutes.

Le but de cette opération est de rigidifier le collagène cornéen.

LES GREFFES DE CORNÉES OU KÉRATOPLASTIES

Le recours à une greffe de cornée ne se justifie uniquement quand elle constitue le seul moyen d’améliorer votre vision.

Les greffes de cornée rétablissent la forme, la transparence et l’épaisseur de la cornée.

Avoir une greffe de cornée implique une surveillance ophtalmologique à vie.

Au cours des 15 dernières années, les greffes de cornée ont évolué vers une approche conservatrice (greffes lamellaires) cherchant à ne remplacer que la couche cornéenne pathologique et à préserver les autres couches saines de la cornée du patient.

Comment améliorer la vision ? Lentilles de contact rigides, cornéoplasties et kératoplasties

  • Les lentilles de contact rigides (LRPG)

Seules les LRPG peuvent procurer aux patients une excellente qualité de vision. Elles sont utilisées en première intention.

Les lentilles ne peuvent cependant pas empêcher l’évolution de la maladie.

Les LRPG peuvent être associées aux autres procédures de réhabilitation visuelle.

 

  • Cornéoplasties:  Les Anneaux intra-cornéens (AIC) et la photokératectomie thérapeutique (PTK)

Ces techniques sont proposées chez les patients intolérants aux lentilles de contact.

Elle ont pour objectif de corriger la forme de la cornée kératoconique, et donc de réduire les aberrations optiques induites par la maladie

Dans 80% des cas, la qualité de la vision est améliorée.

 

  • Les Anneaux intra-cornéens (AIC) sont insérés dans l’épaisseur de la cornée. Grâce à leur forme et à leur rigidité, ils permettent de corriger partiellement la déformation du kératocône, et de redonner une vision de meilleure qualité.

Comment se déroule la mise en place des AIC?

Le laser femtoseconde permet de créer le tunnel cornéen dans lequel sera positionné l’anneau .

Cette intervention dure quelques minutes au total et la durée du laser n’est que de 15 secondes. La chirurgie est indolore et se déroule sous anesthésie locale en ambulatoire à la Polyclinique Côte Basque Sud de Saint Jean de Luz.

 

  • Les Implants intraoculaires

Lentille placée à l’intérieur de l’œil, cet implant permet de corriger les fortes myopies et astigmatisme.

L’implant est choisi et calculé« sur-mesure » après des examens et calculs spécialisés.

Cette solution chirurgicale est indiquée chez les patients qui ne supportent plus les lentilles.

Ces implants sont des lentilles intraoculaires placées à l’intérieur de l’œil par voie chirurgicale et en ambulatoire.

C’est une chirurgie rapide et indolore.

 

  • La greffe de cornée ou kératoplastie

Elle consiste à remplacer la cornée du patient par une cornée saine issue d’un donneur

La greffe de cornée peut être partielle (lamellaire antérieure) ou totale suivant la gravité des cas.

Cette solution chirurgicale est réservée aux stades les plus sévères ou en cas d’échec des cornéoplasties.

Peut-on associer anneaux intracornéens et « Cross-Linking » ?

Oui, Lors d’une opération, il est possible d’associer la pose d’anneaux intracornéens et le procédé du Cross-linking. Ce qui permet à la fois d’améliorer la vision et de soigner le kératocône. Ces deux techniques ont des effets complémentaires.

Le greffon est-il issu d’un donneur ?

Oui. Un greffon est nécessaire pour la réalisation d’une greffe de cornée. Les greffons utilisés sont d’origine humaine, et prélevés en France. La gestion des greffons est assurée par des banques de cornée, réparties sur le territoire.

Existe t-il différentes techniques de greffe de cornée ?

Oui, on distingue :

  • la greffe transfixiante, (KT) qui permet de remplacer la cornée dans toute son épaisseur quand stroma et endothélium sont atteints.
  • les greffes lamellaires antérieure ou postérieure qui permettent de ne remplacer que la couche de cornée responsable de l’altération visuelle:
  • La KLAP (Kératoplastie Lamellaire Antérieure Profonde) consiste à remplacer la totalité du stroma cornéen et à ne conserver que l’endothélium du receveur.

Cette technique est indiquée notamment pour le kératocône.

L’intérêt principal de la KLAP réside dans la longévité du greffon par rapport à la KT, permettant de réduire le risque de rejet.

  • Greffe endothéliale : atteintes endothéliales pures

Quand l’endothélium est la seule couche pathologique, comme dans la cornée guttata, il est possible de ne remplacer que cette seule couche.  On parle de DSAEK ou DMEK, selon que le greffon soit endothélial pur ou qu’il comporte une fine lamelle de stroma associé.

Les greffes endothéliales présentent de nombreux avantages, comparativement aux greffes transfixiantes, en terme de récupération visuelle et de risque de rejet.

Et l’après greffe de cornée ?

Les suites opératoires sont en général peu douloureuses.

La récupération visuelle est lentement progressive, quelques semaines à plusieurs mois selon la technique.

La correction optique définitive peut être réalisée au bout de 3 mois en cas de greffe endothéliale, mais plus tardivement en cas de greffe transfixiante ou lamellaire antérieure.

Une correction optique importante est parfois nécessaire après greffe transfixiante ou prédescemétique.

La complication principale de ces chirurgies est le rejet de greffe.

Bien que beaucoup moins fréquent que pour les greffes d’organes, une réintervention pour 2e greffe de cornée peut s’avérer nécessaire dans le cas où le greffon initial présenterait un rejet non maitrisé par un traitement médical.

Dans tous les cas une surveillance ophtalmologique à vie est nécessaire.

LE PTERYGION

Qu’est-ce qu’un ptérygion ?

Le ptérygion est une lésion bénigne de la conjonctive. Les mécanismes de son apparition ne sont pas complètement connus, mais l’exposition solaire prolongée en est le facteur de risque principal.

Quels sont les symptômes ?

Souvent, le ptérygion est asymptomatique et la gêne est uniquement esthétique.

Le ptérygion peut aussi être source d’irritation et rougeur oculaire.

A un stade plus avancé, la progression du ptérygion sur la cornée peut la déformer et entraîner un astigmatisme important.

Quel est le traitement du ptérygion ?

Aux stades initiaux, une simple surveillance peut être préconisée. En cas de symptômes gênants, les larmes artificielles voire des collyres anti-inflammatoires sont utiles.

Le seul traitement curatif du ptérygion est chirurgical.

Comment se déroule la chirurgie du ptérygion?

La chirurgie du ptérygion se déroule au bloc opératoire au sein de la Polyclinique Côte Basque Sud de Saint Jean de Luz.

L’intervention se déroule habituellement sous anesthésie locale, en chirurgie ambulatoire.

L’opération consiste à retirer totalement le ptérygion.

Il existe néanmoins un risque de récidive.